Inspiration.
Le corps fût emmené et nous restâmes silencieux, à contempler cette trace béante sur le sol. Attendant l'heure grisonnante de l'apocalypse. Se voyant déjà perdus au beau milieu des nébuleuses infernales de nos Enfers, quelques larmes s'échappaient des yeux de mes compagnons et pourtant je n'arrivais à me défaire de cette expression impassible, terne. Un masque de fer cloué sur mon visage, et mon esprit tentant de l'arracher. La mort nous attend à chaque coin de rues, c'est si peu dire. Une nouvelle victime de l'infamie presque constante qui hurlait dans les bas-fonds de nos âmes, la découverte du sang et de la puissance, du pouvoir par la violence. Et de ce respect indistinct qui se dessine au loin dans cette réputation sanguinaire. La page se tournait, le livre se fermait. Plus de vie, mais toujours ces insatiables souvenirs qui s'échappent des lignes pour s'écorcher inlassablement contre l'âpre paroi charnelle que je suis, le dernier sourire et puis le dernier mot. Chaque mot s'infiltrait dans ce nouvel ouvrage, propre, pur. Sans aucunes traces de ces histoires passés, de cette débauche oubliée. Et la décadence revenait, toujours plus forte, grandissante. Dévorant chaque partie inutilisée de cette blancheur immaculée. Le Néant cérébrale dans une overdose de pensées. J'enchaînai verres sur verres, cigarette sur cigarette sans jamais me demander si le temps était à l'accalmie, si la nuit m'autorisait à m'allonger dans la froideur de mes draps - Seul, définitivement seul, abandonné dans les méandres de la vie. J'étais dans un constant brouillard, frôlant toujours l'ivresse mais gardant seulement cette chaleur réconfortante, cette brûlure de l'oubli. Et des photos s'entassaient dans le coin de la pièce, du verre brisé se mêlant à cette cohue instable menaçant de virer du mauvais côté un jour ou l'autre, on ne peut rester assis sur un fil et se dire que jamais cette équilibre ne se brisera. Un seul mouvement brusque et la chute et mortelle. Une envie imprenable de bouger me secoue de toute part, je ne rêve que de ça, Partir loin du Chaos qu'est devenu cette existence. Mais putain, qu'est ce que c'est la vie sans mots - Maux, j'en ai de trop. Ce jour-là sur le béton, c'est la littérature qui était morte à mes yeux.
Expiration.
Extrait de Nowhere.